Le gros marché de la minceur

Dernière mise à jour : 28 déc. 2021

La pression exercée sur notre corps par la société actuelle est si forte qu'elle fait la fortune des marchands de "produits minceur". L'importance de ce marché révèle notre obsession pour la sveltesse.


Bien entendu, il y a de bonnes raisons de ne pas vouloir prendre du poids. la surcharge pondérale fatigue l'organisme : le coeur, les vaisseaux, les articulations. elle rogne l'espérance de vie. Mais 10 kilos n'ayant jamais mis personne en danger immédiat de mort, les perdre ne revêt aucun caractère d'urgence. Tant mieux car une bonne perte de poids, autrement dit une perte de poids durable, demande de la patience et suit un principe simple - manger un peu moins, bouger un peu plus - sans monter sur la balance tous les 2 jours sinon on devient fou.


La patience n'étant pas une vertu à la mode, un grand nombre de charlatans prétendent vendre le moyen de maigrir "vite" et "durablement", deux adjectifs qui devraient suffire à éveiller notre méfiance. Ils vantent alors différentes catégories de produits aux noms prometteurs comme "brûleurs de graisse", "bloqueurs de glucides" ou "réducteurs d'appétit". Dans le premier cas, il s'agit le plus souvent d'extraits végétaux riches en diverses substances qui visent une augmentation du métabolisme de base, c'est-à-dire des dépenses caloriques de repos. Des résultats encourageants sur la souris sont extrapolés aux humains sans tenir compte de la proportionnalité des doses en fonction du poids, ce qui explique pourquoi aucun de ces produit n'a jamais fait la preuve physiologique d'une quelconque efficacité dans une étude scientifique sérieuse.


La carnitine est aussi très utilisée dans cette optique. Ce produit de biosynthèse qui copie la structure d'un transporteur de graisse dans l'organisme n'a lui non plus aucun impact sur le poids sauf dans le cas de très rares pathologies de carence. Une autre technique séduisante sur le papier consiste à ajouter à son alimentation des substances naturelles ou médicamenteuses qui empêchent l'absorption des graisses et réduisent ainsi la teneur calorique de la ration. En plus de la diarrhée, cette solution présente le gros inconvénient de ne pas faire le tri entre les bonnes et les mauvaises graisses et donc d'empêcher l'organisme de fonctionner normalement. Le même reproche vaut pour les "bloqueurs de glucides" qui ont en outre pour effet de déséquilibrer le microbiote dont on connaît à présent l'importance dans la régulation d'un tas de paramètres. Y compris l'appétit ! Quant à la troisième catégorie, celle dite des substances "réductrices d'appétit", elle joue soit sur les filières neuronales grâce à des médicaments anorexigènes de type amphétamines, soit sur la capacité de certaines substances à gonfler dans l'estomac et diminuer ainsi la place pour les autres aliments. Dans le premier cas, les effets secondaires désastreux sont tels que tous ces médicaments ont été progressivement retirés du marché. Dans le deuxième cas, les risques sont moindres mais on observe que les consommateurs adaptent vite leur comportement aux contraintes gastriques, ce qui explique là encore l'absence de résultats probants observés dans les études à long terme.


En résumé, mangez un peu moins, bougez un peu plus, soyez patient et évitez de grimper sur la balance tous les 2 jours !

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